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Lors de la clôture de la 87e Session générale de l’OIE, les pays se sont engagés à relever les défis sanitaires d’aujourd’hui et de demain, à protéger les animaux et la subsistance des familles qui dépendent d’eux, grâce à l’adoption de plusieurs Résolutions. Des nouvelles Normes internationales de l’OIE adoptées, aux effets des facteurs externes sur les Services vétérinaires, en passant par l’état des lieux de la situation mondiale de la santé animale (avec une attention particulière portée à la catastrophique peste porcine africaine), les statuts sanitaires officiellement reconnus, et une mise à jour sur la lutte contre la résistance aux antimicrobiens : voici un aperçu.

 

Ouverte le Président de l’OIE, le Dr Mark Schipp, également Délégué de l’Australie, la 87e Session générale de l’Assemblée mondiale des Délégués de l’OIE a eu lieu cette semaine à la Maison de la Chimie, à Paris. Près de 900 participants, dont les Délégués des 182 Pays membres, des scientifiques, des observateurs issus de 71 organisations ont participé à cet événement.

L’événement s’est déroulé en présence de 21 ministres et vice-ministres, ainsi que d’acteurs institutionnels majeurs. Mr Didier Guillaume, ministre français de l’Agriculture et de l’Alimentation, le pays hôte de l’OIE, s’est adressé à l’Assemblée en ouverture de la séance du lundi 27 mai.

Au terme de six jours de consultations, les Délégués de l’OIE ont adopté 33 Résolutions, comprenant l’adoption ou l’amendement de normes internationales visant à protéger et améliorer la santé et le bien-être des animaux. De plus, l’Assemblée mondiale a procédé à l’élection de membres des Bureaux des Commissions régionales : 2 pour les Amériques, 3 pour l’Asie, l’Extrême-Orient et l’Océanie, 2 pour l’Europe, 1 pour le Moyen-Orient, et ainsi que 2 membres pour le Conseil de l’OIE.

La proposition faite par les Émirats arabes unis d’héberger une Représentation sous-régionale au sein de l’Autorité pour l’Agriculture et la sécurité sanitaire des aliments d’Abou Dabi (ADAFSA) à Abou Dabi a été approuvée par l’Assemblée mondiale. Ce nouveau Bureau renforcera la coopération avec l’OIE et entre les Membres de la sous-région, pour cibler leurs problématiques principales, telles que les maladies zoonotiques et le bien-être.

 

 

Qu’y-a-t-il de nouveau dans les Normes internationales de l’OIE ?

Que ce soit en matière de prévention et de contrôle des maladies des animaux terrestres et aquatiques, de bien-être animal ou en ce qui concerne les méthodes de diagnostic et la qualité des vaccins, les Délégués de l’OIE ont adopté et révisé un certain nombre de normes internationales lors de cette 87e Session générale. Un résumé et des commentaires concernant quelques modifications importantes sont présentés ci-dessous. Il est à noter :

  • la révision de 8 chapitres et l’ajout de 2 nouveaux chapitres au Code terrestre de l’OIE (sur l’introduction de recommandations pour la prévention et le contrôle des maladies animales et sur la mise à mort des reptiles élevés pour leur peau, leur viande ou d’autres produits) ;
  • la révision de 11 chapitres du Manuel terrestre de l’OIE, dont un chapitre réunit deux anciens chapitres précédemment indépendants ;
  • la révision de 9 chapitres du Code aquatique de l’OIE ;
  • la révision de 4 chapitres du Manuel aquatique de l’OIE.

De plus, certaines définitions sur Glossaire ont été modifiées dans les deux Codes.

 

Santé des animaux terrestres

Plusieurs chapitres traitant de différentes maladies animales ont été ajoutés ou révisés, tout comme certains chapitres généraux.

  • Le chapitre portant sur la surveillance de la santé animale a été entièrement révisé et complété. En délivrant des recommandations actualisées sur la surveillance, ce chapitre aidera les pays à suivre les tendances des maladies, à mieux les contrôler et à démontrer l’absence de maladies, infestations et infections listées par l’OIE, sur leur territoire. Ce chapitre transversal est commun à tous les chapitres sur les maladies et s’intéresse particulièrement à celles pour lesquelles l’OIE reconnaît des statuts sanitaires officiels.
  • Le chapitre sur l’infection à virus de la rage a été adopté suite à une profonde révision. La norme actualisée comprend désormais des recommandations à destination des pays désirant prendre l’initiative d’une demande de validation de leur programme de contrôle de la rage transmise par les chiens. Une procédure sera élaborée par l’OIE, en conformité avec ses Normes internationales, afin de délivrer aux Membres demandant la validation de leurs programmes plus de détails sur les étapes à suivre pour obtenir leur reconnaissance.

Bien-être animal

L’élevage des reptiles est une activité de production animale relativement nouvelle, qui a commencé lorsque la demande de peaux n’a plus été satisfaite par la capture non-règlementée d’animaux sauvages. Par conséquent, l’exportation de reptiles vivants et de leurs produits a également augmenté de manière stable ces dernières années, faisant des peaux les produits les plus exportés, avec un taux de croissance de 65,4 %. En vertu du mandat de l’OIE et afin de répondre à la nécessité croissante de garantir le bien-être des reptiles élevés en captivité et des reptiles sauvages au moment de leur mise à mort, un nouveau chapitre sur la mise à mort des reptiles élevés pour leur peau, leur viande ou d’autres produits a été adopté par les Membres de l’OIE.

Considérant que l’anatomie et la physiologie des reptiles diffèrent de celles des mammifères et des oiseaux, des méthodes appropriées doivent être utilisées à des fins d’immobilisation, d’étourdissement, ou de mise à mort comme cela est détaillé dans ce nouveau chapitre. Les compétences nécessaires des personnes amenées à les manipuler y sont également décrites. 

Visionnez ce Spotlight dans lequel intervient le Chef-adjoint des Services vétérinaires de l’Office Fédéral suisse de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, un pays qui s’est profondément engagé dans l’élaboration de ce chapitre : le Dr Thomas Jemmi explique comment ces nouvelles normes amélioreront la santé et le bien-être des reptiles dans le monde entier.

SG SPOTLIGHT

De quelle manière, le nouveau chapitre du Code terrestre sur bien-être des reptiles
améliorera-t-il leur santé et leur bien-être à travers le monde ?

Dr Thomas Jemmi, Chef-adjoint des Services vétérinaires et Responsable de la Division Affaires Internationales,
Office Fédéral de la sécurité alimentaires et des affaires vétérinaires, Suisse

 

Santé des animaux aquatiques

Plusieurs chapitres du Code et du Manuel aquatiques ont été modifiés. Un nouvel article a notamment été ajouté au chapitre sur les critères d’inclusion dans la liste des espèces sensibles à une infection par un agent pathogène spécifique. Cet article fournit un nouveau dispositif permettant de lister les espèces sensibles en incluant un échelon taxonomique équivalent ou supérieur à celui du genre. Ce principe, destiné à s’appliquer aux seules maladies de la liste de l’OIE qui présentent une large gamme d’espèces hôtes, signifie que toute espèce potentiellement sensible à une infection sera visée par les dispositions édictées dans le chapitre spécifique de la maladie, garantissant ainsi la sécurité du commerce international

Comment les Services vétérinaires peuvent-ils se préparer à relever les défis du futur ?

 

Dans un monde en constante mutation, des facteurs externes, tels que le changement climatique ou les conflits, affectent le travail des Services vétérinaires, menaçant d’entraver leur contribution au développement durable. Être en mesure d’analyser et de planifier devient donc essentiel pour réduire les effets futurs de ces facteurs externes. L’un des Thèmes techniques présentés cette semaine, avait pour but de déterminer et d’analyser le niveau de préparation des Services vétérinaires et de définir ce qui pourrait les aider à l’améliorer.

Bien que plusieurs facteurs externes constituent une source de préoccupation pour la majorité des Pays membres de l’OIE, moins de deux tiers d’entre eux les évaluent. Comme cela a été souligné lors de la présentation, la vulnérabilité des Services vétérinaires peut être réduite grâce à des stratégies d’adaptation et d’atténuation des effets, fondées sur la planification et des ajustements réactifs au changement. Les pays ont été encouragés à améliorer leur niveau de sensibilisation et à se préparer à faire face aux effets des facteurs externes par la création d’un répertoire des risques, des exercices de prévision et l’évaluation des risques institutionnels.

L’OIE continuera de recourir au Processus PVS pour l’amélioration de la Performance des Services vétérinaires comme moyen de soutenir ses Membres en perfectionnant leurs capacités à faire face aux mutations du monde, en particulier par l’amélioration de leurs compétences de gestion, de planification et de leadership.

Quel est l’état des lieux de la situation de la santé animale au niveau mondial ?

L’une des missions phares de l’OIE est de garantir la transparence de la situation mondiale des maladies animales, y compris des zoonoses. La situation zoosanitaire mondiale a été présentée à l’Assemblée. Cette présentation s’est appuyée sur les rapports soumis à l’OIE par ses Pays membres entre janvier 2018 et mars 2019. La Session générale a également donné l’occasion aux Pays membres d’échanger sur les principales réussites mais aussi les lacunes qui demeurent dans la notification des informations sanitaires, et sur la manière dont la rénovation d’OIE-WAHIS permettra de les combler.

Une attention particulière a été accordée à certaines maladies du fait de la particularité de leurs voies de transmission, à savoir les maladies vectorielles (fièvre de la Vallée du Rift, fièvre de West Nile, fièvre catarrhale ovine) et les maladies qui se propagent par le biais de mouvements d’animaux vivants et de leurs produits (influenza aviaire, infection par l’herpèsvirus de la carpe koï et à Batrachochytrium salamandrivorans).

Une initiative mondiale pour stopper la propagation de la peste porcine africaine

La peste porcine africaine (PPA) continue de se répandre à travers le monde. Elle tue les porcs domestiques et sauvages et décuple les risques de panzootie pour tous les pays du globe. À l’issue de la présentation d’un rapport sur les « Défis stratégiques pour le contrôle au niveau mondial de la peste porcine africaine », l’OIE a reçu de ses Membres le mandat d’agir contre la PPA en améliorant la coordination des efforts de contrôle de la maladie aux niveaux national, régional et mondial, sous l’égide du Plan-cadre mondial pour le contrôle progressif des maladies animales transfrontalières (GF-TADs). Par l’intermédiaire d’une Résolution, l’OIE a pris l’initiative de travailler en collaboration avec la FAO, pour identifier les piliers du contrôle de la PPA au niveau mondial, en conformité avec les Normes de l’OIE, et appuyer, entre autres actions, la création de réseaux d’experts et d’alliances de recherche dans le monde entier.

Vers un nouvel OIE-WAHIS

Les prochaines étapes de la rénovation du Système mondial d’information zoosanitaire de l’OIE (WAHIS) ont été présentées, ainsi que les solutions innovantes qu’il apportera à la communauté sanitaire mondiale. Il est prévu que le nouvel OIE-WAHIS soit mis en service dans la première partie de l’année 2020.

Le développement de la version augmentée de WAHIS est au cœur du 6e Plan stratégique de l’OIE et offrira de nouvelles fonctionnalités qui permettront aux Services vétérinaires de signaler plus aisément les foyers de maladies affectant leur pays. Ces fonctionnalités seront conçues pour faciliter la procédure de notification, le flux des informations du niveau national au niveau international et l’accès à la plateforme d’enregistrement des données.

Par conséquent, cette nouvelle interface plus facile à utiliser, intuitive et plus efficace contribuera à combler certains écarts dans les signalements des Membres de l’OIE tout en garantissant les bénéfices multiples d’une transparence renforcée sur la situation de la santé animale dans le monde entier.

Statuts sanitaires reconnus officiellement

L’Assemblée mondiale des Délégués OIE a accordé 15 certificats de reconnaissance de statuts sanitaires officiels à 9 pays.

 

Quelles nouvelles mesures ont été prises dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (AMR) ?

La 87e Session générale s’est fait l’écho des progrès réalisés à la suite de la 2nde Conférence mondiale de l’OIE sur la AMR qui s’est tenue au Maroc en octobre 2018. Une série de Recommandations a été publiée lors de cette conférence afin de soutenir le travail de l’OIE, ainsi que de ses Membres, dans la surveillance et le contrôle de l’AMR et pour renforcer la collaboration entre les Organisations de l’Alliance tripartite : l’OIE, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Par le biais d’une Résolution, la Directrice générale de l’OIE et l’Assemblée mondiale des Délégués nationaux ont créé un Groupe de travail permanent sur la résistance aux antimicrobiens visant à renforcer l’expertise de l’Organisation, soutenir la Stratégie de l’OIE sur la résistance aux antimicrobiens et répondre aux enjeux mondiaux. Forte de cette capacité augmentée, l’OIE améliorera sa participation à une Alliance tripartite solide et sa mise en œuvre des recommandations du Groupe de coordination ad-hoc inter-institutions des Nations Unies sur la résistance aux antimicrobiens qui ont fait l’objet d’un rapport au Secrétaire général des Nations Unies en avril 2019.

Quelles est la nouvelle composition du réseau scientifique d’expertise de l’OIE ?

L’OIE a accès à des connaissances scientifiques et des compétences de premier plan grâce à son réseau mondial de Centres de référence composés de Laboratoires de référence et de Centres collaborateurs. Le partage d’informations entre ces différents instituts se révèle indispensable aux réussites enregistrées en matière de contrôle de la santé et des maladies animales dans le monde. En 2019, la désignation de nouvelles institutions a été approuvée par l’Assemblée mondiale des Délégués, portant à 312 le nombre officiel des Centres d’excellence scientifiques de l’OIE. Ceux-ci sont présents dans 50 pays des cinq régions de l’OIE.

 

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