+33 (0)1 40 62 27 00 oie@oie.int

Face à un environnement en constante mutation qui présente de nouvelles menaces et tendances en matière de propagation des maladies animales, l’OIE attire l’attention des Pays membres sur l’importance de la surveillance, de la préparation, ainsi que de la nécessité de continuer à notifier les nouveaux foyers de maladies sous de bref délais. Selon un rapport présenté aujourd’hui dans le cadre de la 87e Session générale de l’OIE, la collaboration et la transparence de la communication sont essentielles pour relever les défis de santé animale, en particulier ceux qui sont liés au changement climatique et à la mondialisation.

REGARDEZ LA PRESENTATION


Le changement climatique et le commerce international peuvent avoir un impact considérable sur la propagation des maladies animales infectieuses et des épidémies. L’évolution des pratiques d’utilisation des terres et la distribution géographique des populations humaines sont étroitement corrélées à ces facteurs. En effet, les effets climatiques, tels que le phénomène El Niño ou les fortes précipitations influencent la distribution géographique des moustiques et des tiques qui jouent un rôle dans la transmission de ce que l’on appelle les maladies vectorielles. De plus, le développement du commerce d’animaux vivants et de leurs produits induit par la mondialisation ne cesse de tracer des voies qui augmentent le risque d’introduction des maladies animales sur de nouveaux territoires.

Les conclusions du rapport annuel de l’OIE sur la situation de la santé animale mondiale ont été présentées aujourd’hui à l’Assemblée mondiale des Délégués nationaux. Fondé sur les informations déclarées via le Système mondial d’information zoosanitaire (WAHIS) par 191 pays et territoires entre janvier 2018 et mars 2019*, ce rapport formule aussi des recommandations à destination des pays afin de leur permettre de mieux anticiper les menaces potentielles.

 

Améliorer la préparation des pays pour combattre les maladies influencées par les facteurs climatiques

Le changement climatique peut avoir un impact sur la propagation des maladies vectorielles chez les animaux et affecter leurs mouvements comme c’est le cas, par exemple, pour les migrations des oiseaux sauvages et la transhumance des troupeaux. Trois maladies vectorielles ayant eu impact élevé sur la santé animale en 2018 ont été portées à l’attention des Pays membres. L’OIE a également recommandé d’adopter les mesures suivantes afin de les combattre :

  • intensifier la surveillance et la préparation dans les zones et pendant les périodes présentant un risque élevé en se fondant sur l’épidémiologie des différentes maladies, et en collaboration avec les autorités de santé publique. À cet égard, l’OIE travaille en étroite collaboration avec la FAO et l’OMS par l’intermédiaire du Système mondial d’alerte précoce (GLEWS) afin de coordonner l’échange d’informations sur les foyers à l’interface homme-animal.
  • signaler en continu les nouveaux foyers via WAHIS afin de permettre la mise en œuvre des actions de sensibilisation et de prévention.
Fièvre de la vallée du Rift

Une augmentation du nombre de foyers de fièvre de la vallée du Rift, y compris de cas humains, a été rapportée par 9 % des pays (sur un total de 192 pays et territoires déclarants) en Afrique orientale ainsi que dans plusieurs pays européens. Cette zoonose de grande importance, qui est transmise par les moustiques, provoque des maladies graves chez les ruminants comme chez les humains.

Fièvre catarrhale ovine

La fièvre catarrhale ovine continue d’être une source de préoccupation au niveau mondial, étant donné l’accélération de sa propagation ces dernières années et les projections concernant sa propagation future, si l’on considère que depuis 1998, la maladie a été repérée en dehors de sa zone géographique traditionnelle et qu’elle est maintenant présente dans presque un quart des pays et territoires déclarants de la quasi-totalité des régions.

Fièvre de West Nile

La fièvre de West Nile constitue un autre défi pour les Services vétérinaires et les Services de santé publique. La circulation de cette maladie s’inscrit dans un cycle complexe qui implique les moustiques et les oiseaux, mais qui affecte la santé des humains et des chevaux. Sa présence a été signalée dans 14 % des 191 pays et territoires déclarants et quatre continents, dont la moitié est située en Europe. Cette maladie est saisonnière, avec un pic entre juin et novembre, et est associée à l’augmentation de l’activité des moustiques dans le bassin méditerranéen, où les pays les plus affectés historiquement sont situés, jusqu’à l’expansion de sa distribution géographique ces dernières décennies. Le nombre de foyers observés chez les animaux coïncide avec une augmentation exceptionnelle du nombre de cas humains en Europe, comme cela a été signalé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). La saison de transmission en Europe a débuté plus tôt que les années précédentes, en raison de températures élevées et de fortes précipitations.

Garantir la transparence des informations afin de prévenir la propagation des maladies animales via les échanges commerciaux internationaux

Le commerce international est connu pour générer des risques de propagation des maladies animales. Pour gérer ces risques, il est essentiel que les pays mettent en œuvre les Normes internationales de l’OIE applicables aux échanges commerciaux d’animaux vivants et de leurs produits, dont celles qui traitent de la gestion du risque au niveau national, comme l’application de mesures de biosécurité au sein des exploitations agricoles, le recours à des systèmes d’alerte précoce et de surveillance, et la planification d’urgence. La collaboration internationale et la notification des foyers via WAHIS sont également fondamentales pour permettre aux pays de mettre en œuvre des mesures efficaces de surveillance et de contrôle et parvenir à une meilleure compréhension de la situation mondiale.

L’influenza aviaire préoccupe la communauté internationale depuis de nombreuses années, et l’accélération de la propagation de deux maladies affectant les animaux aquatiques a été associée aux échanges commerciaux

Influenza aviaire

L’influenza aviaire hautement pathogène est une source d’inquiétude pour de nombreuses régions du monde en raison du nombre importants de foyers de cette maladie qui engendrent des conséquences considérables pour la subsistance des populations et le commerce international. La diversité et l’évolution des souches identifiées chez les volailles est spectaculaire et ajoute à la complexité de l’épidémiologie de cette maladie, dont les évolutions génétiques sont véhiculées via les oiseaux sauvages, en particulier les oiseaux d’eau migrateurs. Entre 2018 et début 2019, un quart des 191 pays et territoires déclarants répartis dans toutes les régions ont indiqué sa présence, H5N1 et H5N8 étant les sous-types reportés le plus fréquemment.

Étant donné son impact zoonotique potentiel et la capacité des souches à évoluer, les pays sont appelés à maintenir un haut niveau de surveillance (y compris des oiseaux sauvages), à notifier les foyers potentiels dans des délais raisonnables, et à auto-déclarer l’absence de la maladie sur la base des données recueillies grâce à leurs systèmes de surveillance.

Deux maladies affectant les animaux aquatiques inquiètent de plus en plus la communauté internationale ces dernières années : l’infection par l’herpèsvirus de la carpe koï et l’infection à Batrachochytrium salamandrivorans. La première en raison des conséquences économiques qu’elle engendre et la seconde à cause de ses effets potentiellement catastrophiques pour la biodiversité chez les amphibiens. En raison du peu d’informations disponibles, les pays sont encouragés à accroître leur surveillance et le suivi de ces maladies.

Herpèsvirus de la carpe koï
L’infection par l’herpèsvirus de la carpe koï est une maladie contagieuse pour plusieurs espèces de carpes, qui s’est répandue dans nombreux pays de toutes les régions du monde ces vingt dernières années, majoritairement par les échanges commerciaux de carpe koï vivantes. Les carpes constituent une source de nourriture importante au niveau mondial et il s’agit de l’une des espèces représentant la plus grande valeur commerciale pour l’aquaculture. En 2018 et au début de l’année 2019, l’infection par l’herpèsvirus de la carpe koï a été la maladie animale aquatique la plus fréquemment signalée, par 17 % des 127 pays et territoires déclarants.
Batrachochytrium salamandrivorans

L’infection à Batrachochytrium salamandrivorans est actuellement considérée comme l’une des causes principales du déclin des amphibiens au niveau mondial, en particulier de celui de la salamandre tachetée. Pendant l’année 2018 et jusqu’au début 2019, seulement 2 % des 124 pays et territoires déclarants ont signalé la présence de la maladie. Les éléments disponibles actuellement montrent que Batrachochytrium salamandrivorans est endémique en Asie et il est possible que les espèces de la région jouent le rôle de réservoir de la maladie. Un effort de coopération entre les organisations non gouvernementales, les organismes gouvernementaux, les institutions universitaires et l’industrie des animaux de compagnie est obligatoire pour éviter les conséquences potentiellement catastrophiques de l’introduction de Batrachochytrium salamandrivorans dans les populations d’amphibiens en dehors des régions endémiques de cet agent pathogène.

* Les chiffres indiqués dans ce communiqué de presse ont été actualisés à la date du 20 mai 2019, c’est pourquoi, ils diffèrent légèrement des chiffres mentionnés dans le rapport dont les données datent de mars 2019.